Italie, Sicile, Sardaigne et Corse à vélo

Expédition — Italie · Sicile · Sardaigne · Corse — Avril–Mai 2026

Italie, Sicile, Sardaigne et Corse à vélo

Plus de 3 000 km. Cinq semaines. Deux vélos chargés comme jamais. La grande répétition générale avant RISE saison 2.

Distance

3 000+ km

Durée

5 semaines

Vélos chargés

37,5 et 38,5 kg

Temps de lecture

14 min

Le 24 avril 2026, nous sommes partis depuis le massif de la Chartreuse pour notre plus long voyage à vélo jusqu’ici. Cinq semaines devant nous, deux vélos chargés comme jamais, beaucoup trop de matériel à tester, et une idée simple : vérifier si nous étions vraiment capables de filmer la prochaine saison de RISE en nous déplaçant le plus possible à vélo.

Ce voyage n’était donc pas seulement une aventure. C’était une répétition générale. Tester les vélos, le matériel de bivouac, les caméras, le parapente, le rythme de vie, la fatigue, les imprévus, et notre capacité à aller rencontrer des personnes sur la route sans passer à côté du voyage.

Le voyage

L’itinéraire en bref

Départ
Massif de la Chartreuse, France.
Direction
Turin, puis train de nuit jusqu’à Lecce.
Traversée
Pouilles, Basilicate, Calabre, Sicile, Sardaigne, Corse.
Retour
Toulon, Gorges du Verdon, Mont Ventoux, Méouge, Dévoluy, la maison.
Vélos chargés
37,5 kg et 38,5 kg au départ.
Objectif
Tester tout le matériel pour RISE saison 2 et rencontrer des agriculteurs sur la route.

Carte de l’itinéraire

Cinq semaines à travers quatre terres

Partir pas prêts, comme d’habitude

Ces derniers jours avant le départ ont été intenses. Comme souvent, nous avons fini les préparatifs dans l’urgence, avec cette impression étrange d’être à la fois excités et pas du tout prêts. Avant de partir, on pèse les vélos : 37,5 kg pour l’un, 38,5 kg pour l’autre. C’est lourd. Très lourd.

Mais une fois lancés, tout revient. Le goût de liberté. Le bruit des pneus sur la route. L’idée que, pendant quelques semaines, la journée va simplement se décider au rythme des coups de pédales.

Notre première mission est de rejoindre Turin en deux jours et demi pour attraper un train de nuit vers Lecce. Le col du Mont-Cenis étant fermé à cette période, nous passons par le Lautaret et Montgenèvre. Sur la route, nous avons même le temps de faire un premier vol au-dessus de La Grave, avec un décollage à 3 200 mètres. Un départ comme on les aime : un peu bancal, très chargé, mais déjà magique.

Départ avec les vélos chargés
Passage au col du Lautaret avec les vélos chargés
Premiers bivouacs, premiers repas simples

Le Sud de l’Italie, les villages blancs et les oliviers morts

À Turin, nous avons un peu d’avance. On visite la ville, on goûte les premiers cannolis, puis commence le grand Tetris pour faire rentrer les vélos dans notre couchette de nuit. Direction Lecce, dans les Pouilles.

À l’arrivée, il fait presque 30 degrés. Les rues sont magnifiques, les façades lumineuses, et sur la place de la cathédrale, un couple de Français qui nous suit sur les réseaux vient nous parler après nous avoir aperçus à la gare. On discute plus d’une heure. Le voyage commence aussi par ça : des rencontres inattendues.

Les premiers jours dans les Pouilles sont plus difficiles que prévu. Nicolas est en pleine allergie aux graminées. Yeux gonflés, nez qui coule, éternuements en boucle. Malgré le traitement, c’est épuisant. Il faut aussi trouver notre rythme avec des vélos aussi lourds.

Nous traversons Alberobello, Matera, des villages magnifiques, mais aussi des kilomètres de champs d’oliviers desséchés par Xylella fastidiosa. Plus de 20 millions d’arbres seraient déjà morts dans cette région. Nous échangeons avec des agriculteurs pour comprendre comment ils s’adaptent : sortir de la monoculture, associer oliviers, vignes, amandiers et figuiers, planter des variétés plus résistantes. Déjà, le voyage rejoint notre intention de départ : écouter, comprendre, regarder ce qui change sur le terrain.

Matera à vélo
Les trulli d’Alberobello
Détails de ruelles dans le sud de l’Italie
Routes sauvages du sud de l’Italie

Du Pollino à la Sicile

Nous traversons l’Italie d’est en ouest par le parc national du Pollino. Après les zones plus touristiques de la côte est, cette partie est plus sauvage, plus brute, plus silencieuse. La côte ouest nous surprend aussi par sa beauté. Après dix jours, nous avons déjà roulé plus de 1 000 km et plus de 11 000 m de dénivelé positif.

Il est temps de quitter le continent. Quinze minutes de bateau, et nous voilà en Sicile.

Ces derniers jours, nous avons beaucoup roulé, avec notamment une journée à 165 km. À Messine, il est déjà tard, il n’y a pas de camping proche, et il faudrait encore ajouter 15 km et 400 m de dénivelé pour rejoindre le premier. On finit par trouver un Airbnb. Une douche chaude, un lit, un vrai endroit où poser les affaires. Le bonheur absolu.

Le lendemain, nous sommes cuits. Une grosse étape nous attend normalement pour rejoindre l’Etna, avec 2 700 m de dénivelé. On demande si l’Airbnb est libre une nuit de plus. Il l’est. On prend ça comme un signe. On reste. On travaille, on mange, on ne fait presque rien. On trouve les meilleurs cannolis du voyage et les meilleures parmigianas de notre vie. Cette pause nous sauve.

Premières pistes volcaniques en Sicile

L’Etna, le vent et les rencontres

En regardant la suite du parcours, on réalise qu’il n’y a qu’un ferry par semaine pour la Sardaigne. Il nous reste cinq jours pour traverser la Sicile. Pas vraiment le temps de traîner.

L’Etna nous donne du fil à retordre. Les pentes sont raides, les coulées de lave barrent certaines pistes, le vent souffle parfois à près de 100 km/h. Mais les paysages sont à couper le souffle. Rouler au milieu de ces étendues noires, avec la neige et le volcan en arrière-plan, donne l’impression d’être sur une autre planète.

Nous rencontrons Maria dans sa ferme, où elle produit ses propres céréales pour faire son pain. Elle nous accueille comme des rois et nous prépare sa spécialité : un sandwich au pain maison, mozzarella, huile d’olive et herbes. Simple, généreux, parfait.

Nous goûtons aussi les meilleures pâtes à la pistache, des glaces à la brioche incroyables, et malgré une météo très venteuse, nous réussissons à voler en parapente au-dessus de Cefalù. Avant de quitter la Sicile, nous faisons un arrêt à Palerme chez Antonio, pour découvrir son projet d’agriculture urbaine en plein cœur de la ville.

Gravel volcanique sur l’Etna
Au milieu des coulées de lave
Montée dans la brume en Sicile

Vers la Sardaigne, mouillés, fatigués, mais heureux

La dernière nuit en Sicile est orageuse. Nos affaires sont trempées et nous n’avons pas le temps de les faire sécher avant le ferry. Douze heures de traversée nous attendent. On essaye de travailler, mais le mal de mer complique un peu les choses.

Nous arrivons en Sardaigne à 21 h, heureux de retrouver la terre ferme. Nous roulons une dizaine de kilomètres pour trouver un spot de bivouac. Les affaires sont encore humides, tout est un peu désagréable, mais nous sommes trop fatigués pour faire autre chose que monter la tente et dormir.

Traversée en ferry vers la Sardaigne
Route côtière en Sardaigne

Sardaigne, plages irréelles et routes à éviter

La météo annoncée au centre de la Sardaigne n’est pas bonne. Nous modifions l’itinéraire pour longer davantage la côte est, où le temps semble plus clément.

Nous découvrons des plages incroyables, parfois accessibles uniquement à pied ou en bateau. On prend même une journée pour rejoindre deux des plus belles plages d’Europe. Le lendemain, nous avons des courbatures. On n’est plus habitués à marcher.

Nous alternons entre mer et arrière-pays, entre pistes silencieuses et routes plus stressantes. Sur les petites pistes, on savoure. Sur les grands axes, on prie parfois pour ne pas se faire frôler. En fin de traversée, le vent se renforce et la météo se dégrade. Nous arrivons à Santa Teresa juste après le dernier ferry pour la Corse. Le lendemain, tous les bateaux sont annulés à cause de rafales annoncées à 100 km/h.

Repos forcé. Finalement, ce n’est pas plus mal. On répare notre matelas percé, on travaille, on dort, et on refait le plein de calories dans des pizzerias à la part.

Plage turquoise en Sardaigne
Plages sauvages de Sardaigne
Pistes du soir en Sardaigne
Réconfort italien après les longues journées
Bivouac au coucher du soleil

La Corse, sauvage et humaine

Le lendemain, nous sommes requinqués et prêts à rejoindre la Corse. L’excitation de Charlotte est rapidement calmée par le mal de mer. Dix minutes après le départ, elle vomit déjà. Heureusement, des sacs sont disposés partout dans le bateau.

À l’arrivée, tout va mieux. Nous adorons la Corse. Nous empruntons un mélange de traces, dont la Gravel 20 et la Corsica Divided, pour rejoindre les Aiguilles de Bavella par les pistes, puis le plateau de Coscione. C’est incroyablement beau. Sauvage. Silencieux. Nous sommes souvent seuls.

Après le calme des montagnes, nous descendons vers Ajaccio pour essayer de sortir le parapente. Sur la route, nous rencontrons Roberto, 72 ans, ancien gendarme, qui nous invite à dormir et à manger chez lui. Nous passons une soirée exceptionnelle à rire et à refaire le monde.

Le lendemain, à peine 15 km plus loin, nous rencontrons Ania, auxiliaire de vie polonaise, qui accepte de garder nos vélos le temps d’un vol en parapente. À notre retour, elle nous attend avec du café et des petits beignets maison. Difficile de croire que tout cela arrive vraiment. Ces rencontres nous rendent tellement riches.

Route vers Bavella
Pistes de montagne en Corse
Campement et pistes corses
Matin froid au bivouac
Hospitalité corse avec Roberto
Vol en biplace au-dessus de la Corse
Sourires après le vol
Rencontres au bord de l’eau
Café et beignets maison chez Ania

Pastoralisme, miel et derniers jours sur l’île

Nous continuons notre route et rencontrons Sébastien, éleveur de brebis et fromager. Nous passons un moment précieux à ses côtés et apprenons beaucoup sur le pastoralisme en Corse.

À Porto, nous faisons une pause dans l’espoir de décoller du Capu d’Orto. Au départ, nous partons surtout pour une randonnée, car trouver un décollage au milieu des blocs de granite semble compliqué. Mais tout s’aligne : un espace assez grand pour étaler le biplace, des conditions parfaites, et l’un de nos plus beaux vols ensemble.

Plus loin, Adam, apiculteur corse AOP et transhumant, nous attend pour une interview. Nous passons une journée merveilleuse avec lui. Nous apprenons énormément, et nous avons même la chance d’aller dans ses ruches pour observer l’intégration de reines et la récolte du pollen.

Les derniers jours en Corse nous offrent encore des vols, des dauphins, des routes magnifiques, des pistes sublimes, un viticulteur, et même Simon et Eva, le frère de Charlotte et sa copine, qui viennent d’arriver pour faire la GT20.

Pause rivière en Corse
Pistes vertes et sauvages

Retour par le Verdon, le Ventoux et le Dévoluy

Nous quittons la Corse avec un pincement au cœur. Après une mauvaise nuit sur le ferry, nous arrivons à Toulon. La maison se rapproche, mais la canicule aussi. Il fait 36 degrés, et notre objectif du jour est de rejoindre les Gorges du Verdon.

L’après-midi est très dure. Nous arrivons à Salles-sur-Verdon épuisés, mais assez tôt pour nous offrir une baignade. Le soir, nous hésitons : prendre un jour de repos dans les gorges, ou faire un détour par le Mont Ventoux.

Le lendemain, à 6 h, nous avons les yeux grands ouverts et une seule idée en tête : aller au Ventoux. Nous traversons le plateau de Valensole, entre petites routes et pistes, avec le Ventoux qui apparaît au loin. À 18 h 30, nous sommes à Sault. Le camping repéré est fermé. Alors on continue. On monte le Ventoux comme des fous pour trouver un spot face au sommet et au coucher de soleil. Les couleurs sont incroyables. Nous plantons la tente. Le lendemain, nous montons au sommet pour le lever de soleil.

Le Ventoux a une saveur particulière : c’est le sommet qui a vu naître et grandir Charlotte, et c’est la première fois que Nicolas le grimpe.

Retour par la Provence
Bivouac face au Ventoux
Retour par les montagnes
Dernières pistes avant la maison

Ce que ce voyage nous a appris

Les derniers jours, nous traversons la Méouge, puis le Dévoluy. Il fait encore très chaud, mais les paysages nous scotchent. Nous ressentons ce mélange étrange de joie de rentrer et d’envie que ça continue.

En cinq semaines, nous nous sommes habitués à vivre au rythme des coups de pédales, des bivouacs improvisés, des repas partagés dans une casserole avec une seule cuillère pour deux, des journées trop longues, du dos cassé à travailler dans la tente, des imprévus, des rencontres et de l’incertitude.

Nous rentrons pour les 30 ans de Charlotte, heureux, fatigués, et surtout rassurés. Les vélos, le matériel, notre organisation et notre envie sont prêts pour la suite.

Ce voyage devait être un test. Il est devenu une confirmation.

Ce voyage devait être un test matériel. Il devient très vite un rappel : ce sont toujours les rencontres qui donnent du sens à l’itinéraire.

— Charlotte & Nico

Formats courts

Petits films de la route

Quelques formats courts tournés au fil de cette première grande traversée à vélo, entre Italie, Sicile, Sardaigne et Corse. Ils ne remplacent pas le récit, mais ils prolongent l’atmosphère du voyage : le vent, les ferries, les bivouacs, les pistes, la mer, les vols en parapente et tous ces petits moments de route qui ne tiennent pas toujours dans les mots.

Petits plaisirs et calories italiennesLa vie de camp après les longues journées
Détail du setup bikepacking chargé

Le matériel

Un test grandeur nature pour RISE saison 2

Pour cette aventure, nous avons roulé avec nos vélos chargés pour tester la configuration qui nous accompagnera sur la saison 2 de RISE. L’objectif était clair : vérifier que nous pouvions transporter le matériel de tournage, de bivouac et de parapente tout en gardant des vélos efficaces, robustes et confortables sur plusieurs semaines.

Après plus de 3 000 km entre continent, îles, volcans, pistes, ferries, chaleur, vent et cols, le test est validé.

Suivez l’expédition

De nouveaux récits, itinéraires et instants en coulisses sont ajoutés au fil du voyage.