À Turin, nous avons un peu d’avance. On visite la ville, on goûte les premiers cannolis, puis commence le grand Tetris pour faire rentrer les vélos dans notre couchette de nuit. Direction Lecce, dans les Pouilles.
À l’arrivée, il fait presque 30 degrés. Les rues sont magnifiques, les façades lumineuses, et sur la place de la cathédrale, un couple de Français qui nous suit sur les réseaux vient nous parler après nous avoir aperçus à la gare. On discute plus d’une heure. Le voyage commence aussi par ça : des rencontres inattendues.
Les premiers jours dans les Pouilles sont plus difficiles que prévu. Nicolas est en pleine allergie aux graminées. Yeux gonflés, nez qui coule, éternuements en boucle. Malgré le traitement, c’est épuisant. Il faut aussi trouver notre rythme avec des vélos aussi lourds.
Nous traversons Alberobello, Matera, des villages magnifiques, mais aussi des kilomètres de champs d’oliviers desséchés par Xylella fastidiosa. Plus de 20 millions d’arbres seraient déjà morts dans cette région. Nous échangeons avec des agriculteurs pour comprendre comment ils s’adaptent : sortir de la monoculture, associer oliviers, vignes, amandiers et figuiers, planter des variétés plus résistantes. Déjà, le voyage rejoint notre intention de départ : écouter, comprendre, regarder ce qui change sur le terrain.